Être étudiant·e en 2026 : Entre obstacles administratifs, pressions académiques et santé mentale en berne

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Lucia* a 24 ans et vient de Haïti. C’est son père, ayant lui-même vécu en France, qui a eu l’idée de l’envoyer étudier en Suisse, convaincu que le système éducatif européen lui ouvrirait des portes et des opportunités inaccessibles dans son pays. Découvrez son témoignage.

Lucia arrive en octobre 2020 à Lausanne, chez un ami de son père, lui-même étudiant à Neuchâtel. Sa famille devient un ancrage familial de substitution, dans un pays qu’elle découvre pour la première fois, et sous un froid qu’elle n’avait pas anticipé.

Les premiers mois sont éprouvants. Chaque jour, elle prend le train de Lausanne à Neuchâtel pour suivre ses cours de bachelor. Le système éducatif lui est étranger. Cela lui prend une année pour saisir ce que les enseignant·e·s attendent d’elle.

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Socialement, c’est tout aussi difficile. Lucia a des difficultés à se faire des amis ; les gens lui semblent fermés à la discussion. Elle ne sort pas non plus, car elle se voit mal sortir seule et même une bière lui coûte cher.

Durant cette période, elle ressent alors beaucoup l’absence de ses parents. La solitude s’installe.

Le quotidien des étudiant·e·s en situation de précarité

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À ces difficultés sociales s’ajoute une réalité financière pesante. Ses parents l’aident, mais ce n’est malheureusement pas assez pour couvrir tous ses frais ; la taxe universitaire, qui est plus élevée pour les étudiants internationaux, et l’abonnement général de train pèsent lourd dans son budget. Lucia vient d’un milieu modeste, et elle a parfaitement conscience que ses parents font des sacrifices pour elle.

L’état de santé mentale des étudiant·e·s : des études en parlent

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Elle décide alors de chercher du travail pour prendre en charge ses dépenses. Il lui faut au moins un an avant de trouver un premier petit job d’étudiant de deux heures par semaine, puis six mois de plus pour décrocher un poste de serveuse dans un fast food.

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Entre-temps, les factures se sont accumulées. Elle s’adresse alors au Bureau social de l’Université, mais malheureusement le budget est épuisé. C’est une amie, elle aussi étudiante internationale, qui lui parle de la FEN (Fédération des Étudiant·e·s Neuchâtelois·e·s). L’aide ponctuelle qu’elle obtient d’eux lui permet enfin de souffler.

Recevoir un soutien financier quand on est étudiant·e, c’est possible ? Oui !

Pour tenir financièrement, elle apprend à se contenter de ce qu’elle a et à composer avec ce qui existe ; comme par exemple avec les invendus et légumes gratuits distribués par les actions Disco Soupes ou en utilisant l’application Too Good To Go pour des paniers alimentaires à prix réduit.

La charge des trajets finit également par se régler. Une chambre lui est attribuée dans un des bâtiments étudiant à Neuchâtel, deux à trois semaines après sa demande auprès d’Alfen SA, une société anonyme fondée par la FEN qui a pour but de fournir aux étudiant·e·s des logements les moins chers possibles. C’est un petit vent de liberté et d’autonomie qui s’offre à elle.

Des difficultés à trouver un logement ? Des solutions existent à Neuchâtel !

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Mais ce qui lui pèse le plus aujourd’hui n’est pas la précarité matérielle. C’est la pression administrative, spécifique aux étudiants internationaux. Son permis la limite à quinze heures de travail par semaine. Et le canton lui impose de terminer son master en trois semestres, là où ses camarades peuvent en disposer jusqu’à six. Trois semestres pour valider ses crédits tout en jonglant avec deux emplois, sans aucun droit à l’échec. Sinon, c’est le renvoi direct vers son pays.

C’est la réalité dans laquelle Lucia vit.

*Lucia est un prénom d’emprunt. Ce témoignage se base sur des faits réels. Certains éléments sont modifiés afin de préserver son anonymat.

Vous êtes en situation de précarité ? Ce sujet vous intéresse ? Vous trouverez plus d’informations sur la précarité étudiante ici : 

Article rédigé par UN!CO, association fictive, créée dans le cadre du cours Création et gestion de contenus web et réseaux sociaux en MA3CIG. Retrouvez l’ensemble de nos contenus avec la bannière “orange” sur Instagram: @ajm_pointcomm